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L'évolution de l'Eglise Saint Laurent d'Outarville à travers les siècles

L'église primitive, celle de Manassès de Garlande avait une nef
carrée, rétrécie au chœur avec un clocher central et couverte
de bardeaux de chêne.
La seconde église, fondée par Jean II le Vannier sur l'emplacement
de la première, est plus grande, à nef unique et tour latérale
au sud contenant les cloches. Elle est incendiée en 1567.
La troisième église fut reconstruite au XVIIème siècle
par Galéas de Frétard sous le vocable de Saint Aignan et de Saint
Laurent. Elle a 27 m de long sur 5 à 7 m de large et peut contenir 300
personnes. L'église fut fermée en 1793 pendant la révolution.
Elle fut rouverte en 1802. Mme Thiroux de Crosne qui résidait au Château
d'Arconville en offrit la restauration. En reconnaissance, le conseil municipal
lui vota une tribune à l'église, que l'on appelle tribune d'Arconville.
Le presbytère est auprès de l'église, le cimetière
est à 160 m.
On retrouve dans l'église actuelle les éléments correspondants
aux différentes époques. Le portail est du plus pur XIIIème
siècle.
L'église Saint Laurent est inscrite en totalité sur l'inventaire
supplémentaire des monuments historiques par arrêté ministériel
en date du 07 mars 1935.
Le vitrail Saint Laurent
Le vitrail Saint Laurent de l'église d'Outarville a été réalisé en 1984 et mis en place en décembre 1984.
Pendant des années, le vitrail sud, apportant l'essentiel de l'ensoleillement du chœur de l'église, a été muré par suite de l'installation malencontreuse d'un local de sacristie entre les contreforts de l'église.
C'est à l'initiative de la Municipalité d'Outarville, Pierre Mondine étant maire, qu'en liaison avec les Beaux-Arts, a été rétablie la façade Sud du chœur dans son harmonie primitive.
L'emplacement du vitrail ancien étant démuré, il s'est agi de mettre en place un nouveau vitrail.
Monsieur Fougereux, curé d'Outarville, a proposé pour thème de ce vitrail le Martyre de SAINT LAURENT, l'église étant consacrée à ce chrétien des Premiers Siècles.
Pour la réalisation de la maquette du vitrail, il a été fait appel à un jeune artiste suisse, François FAVRE-BULLE, domicilié à Pithiviers-le-Viel (Fresnay-les-Chaumes) lieu-dit "Le Moulin", de l'Ecole des Beaux-Arts de Lausanne, dont les avant-projets, au nombre de quarante, ont été présentés dans la nouvelle sacristie.
Sur le plan technique, le vitrail a été exécuté, à partir de la maquette retenue, par les Ateliers Jacques LOIRE, maître verrier à Chartres, capitale des maîtres verriers de France.
L'Atelier Jacques LOIRE (16, rue d'Ouarville - 28 300 LEVES) mondialement connu, réalise actuellement un certain nombre de vitraux pour des commandes en provenance d'Amérique et d'Extrême-Orient, contribuant par là au rayonnement de l'artisanat français traditionnel dans le monde.
Une des plus célèbres et grandioses réalisations des Ateliers Jacques LOIRE se trouve notamment au cœur de la ville de BERLIN, flanquant la célèbre tour de la "Gedächnisskirche" en partie détruite et conservée en l'état, comme un extraordinaire Mémorial de l'immolation de la ville par les nazis. A côté de cette tour, a été reconstruit, sur les ruines de l'Église luthérienne ancienne, un magnifique vaisseau en matériau moderne, éclairé par de hautes et vastes baies, développant sur des thèmes abstraits la céleste lumière des célèbres "bleus" de CHARTRES.
Au plan artistique, le vitrail de l'Église Saint Laurent d'Outarville appelle quelques notations :
1 - La représentation du martyr est asservie, bien entendue, au développement en hauteur de l'ouverture du cadre de pierre disponible pour le vitrail sur la façade sud du mur du chœur de l'Église.
2 - Le parti pris de l'artiste s'éloigne de la plupart des images anciennes sculptées du Saint, généralement représenté dans la position conventionnelle et statique d'un diacre debout, revêtu de la dalmatique, tenant à ses pieds, d'une main le gril de son supplice par le feu, de l'autre la palme symbole de son martyre. Il en est ainsi, notamment, de la statue de pierre qui domine la façade monumentale du grandiose palais monastère de Philippe II à l'Escorial et, plus près de nous, sur la face nord du transept de l'Église d'Outarville, de la statue peinte, en bois sculpté du XVIIIème siècle.
Dans le dessin du vitrail de l'Église d'Outarville, l'auteur abandonne la pose figée et statique adoptée dans les représentations classiques : le martyr apparaît ici s'agenouillant sur un gril en position semi-verticale, telle une échelle de Jacob reliant la Terre au Ciel, sous la forme d'une silhouette nue dans un mouvement michelangelesque d'élévation de la prière et dans le scintillement des tons incandescents de la base, s'atténuant progressivement vers les hauteurs, laissant les douloureuses brûlures des zones inférieures pour atteindre la fraîcheur des bleus du Ciel et de l'Espérance. Comme un ajout mystique à la splendeur de la conception, l'ensoleillement du vitrail, par temps clair, projette sur le maître autel, vers onze heures, une aura de pourpre et de lumière qui embrase le célébrant au moment de la consécration.
3 - Le coût de la réalisation du vitrail et de sa mise en place en 1984, tout compris, a été de l'ordre de 40 000 francs. Il a été financé, pour partie, par des dons privés anonymes, par un geste de la municipalité, et surtout par le geste personnel de l'abbé FOUGEREUX qui vendit un champ de son propre patrimoine pour solder la dépense. Il eut aimé faire réaliser symétriquement, côté nord, un vitrail semblable consacré à SAINT AIGNAN. Sa mort accidentelle en 1992 ne le lui a pas permis. Le nom de l'abbé FOUGEREUX est inscrit le dernier sur le mémorial des curés résidents d'Outarville placé dans la tour du XVème siècle.
Nous remercions Mr J. HOUYVET (habitant d'Outarville) de nous avoir permis de publier ce document.
A venir les photographies des
vitraux ....![]()